L’arthrose chez le chien est un problème très courant, surtout avec l’âge… mais pas seulement. Certains chiens jeunes, sportifs ou de grandes races peuvent aussi en souffrir. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui beaucoup de solutions pour soulager votre compagnon : remèdes naturels, compléments articulaires, adaptation du quotidien et bien sûr soins vétérinaires.
Dans cet article, on va faire le tri entre ce qui peut vraiment aider votre chien arthrosique, ce qui relève du simple confort et ce qui nécessite impérativement l’avis d’un vétérinaire.
Comment reconnaître l’arthrose chez le chien ?
L’arthrose correspond à une usure progressive du cartilage dans les articulations (hanches, genoux, coudes, dos…). Elle provoque douleur, raideur et parfois des inflammations.
Les signes les plus fréquents au quotidien :
- Chien qui a du mal à se lever après une sieste, surtout le matin
- Démarrage “rouillé”, puis il se “dégèle” après quelques minutes de marche
- Réticence à monter les escaliers, sauter dans la voiture ou sur le canapé
- Boiterie légère, parfois plus marquée par temps froid et humide
- Moins d’envie de jouer ou de faire de longues promenades
- Changements de caractère : grognements si on touche une zone douloureuse, irritabilité
- Léchage excessif d’une articulation (coude, genou, hanche…)
À ce stade, beaucoup de maîtres pensent que “c’est l’âge”. En réalité, l’arthrose est une maladie à part entière. Elle ne se guérit pas, mais on peut fortement en ralentir l’évolution et surtout améliorer le confort du chien.
Dès que vous suspectez de l’arthrose, le premier réflexe doit être le vétérinaire. Lui seul pourra :
- confirmer l’arthrose (souvent via des radiographies) ;
- évaluer le niveau de douleur ;
- proposer un plan de traitement adapté (médicaments, compléments, hygiène de vie).
Remèdes naturels : ce qui peut vraiment aider un chien arthrosique
Les “remèdes naturels” ne remplacent jamais un traitement vétérinaire, surtout en cas de douleur importante. En revanche, ils peuvent être de très bons compléments, notamment chez les chiens légèrement atteints ou déjà stabilisés par un traitement médicamenteux.
Plantes et extraits couramment utilisés
Avant de donner une plante à votre chien, demandez toujours l’avis de votre vétérinaire (risques d’interaction avec d’autres médicaments, dosage, contre-indications).
- Curcuma (curcumine) : souvent utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires. On le trouve en poudre ou en gélules (souvent associé à la pipérine pour améliorer son assimilation). À ne pas donner en cas de problèmes hépatiques sans avis vétérinaire.
- Harpagophytum (griffe du diable) : plante fréquemment utilisée pour les douleurs articulaires légères à modérées. Peut être irritante pour l’estomac, donc prudence chez les chiens sensibles.
- Reine-des-prés, saule : plantes aux effets proches des anti-inflammatoires. Elles ne doivent pas être données en même temps qu’un anti-inflammatoire vétérinaire (risque de surdosage, effets secondaires). À ne jamais utiliser sans accord du vétérinaire.
- Oméga-3 d’origine marine (huile de poisson, krill) : ce ne sont pas à proprement parler des “plantes”, mais ils ont un effet anti-inflammatoire reconnu sur les articulations, surtout sur le long terme.
Exemple concret : un chien âgé déjà suivi pour son arthrose, avec un traitement de fond prescrit par le vétérinaire, peut parfois bénéficier en plus d’un complément d’oméga-3 et, pourquoi pas, de curcumine si le vétérinaire donne son accord.
Remèdes “maison” : prudence nécessaire
Quelques points à garder en tête :
- Les huiles essentielles sont à manier avec une extrême prudence chez le chien. Certaines sont toxiques, même en diffusion. Évitez l’automédication en aromathérapie.
- Les dosages “humains” ne sont pas adaptés : un comprimé d’harpagophytum pour humain n’a pas forcément le bon dosage pour un chien de 8 kg.
- Certains aliments sont toxiques (ail, oignon, certains compléments pour humains…). Ce n’est pas parce que c’est “naturel” que c’est sans danger.
Un bon réflexe : privilégier des produits vétérinaires ou spécifiques animaux, où les dosages et associations sont pensés pour eux, et demander l’aval de votre vétérinaire traitant.
Compléments alimentaires articulaires : les indispensables
Les compléments articulaires (chondroprotecteurs) sont aujourd’hui une des bases de la prise en charge de l’arthrose chez le chien. Ils n’agissent pas comme un antidouleur immédiat, mais aident à protéger le cartilage et à réduire l’inflammation sur le long terme.
Les principaux types de compléments
- Glucosamine et chondroïtine : les plus classiques. Ils participent au maintien du cartilage et à la lubrification de l’articulation.
- MSM (méthylsulfonylméthane) : composé soufré souvent ajouté pour son effet anti-inflammatoire et antioxydant.
- Acides gras oméga-3 (EPA, DHA) : issus principalement d’huiles de poissons. Réduisent l’inflammation articulaire et peuvent permettre, dans certains cas, de limiter les doses d’anti-inflammatoires classiques.
- Extraits de moules vertes de Nouvelle-Zélande : riches en glycosaminoglycanes et oméga-3, intéressants pour la souplesse articulaire.
- Collagène hydrolysé : soutient les tissus conjonctifs (cartilage, tendons, ligaments).
On les trouve sous différentes formes : comprimés appétents, poudre à mélanger aux croquettes, solutions liquides. L’important est de choisir un produit :
- adapté au poids et à l’âge de votre chien ;
- avec une composition claire et des dosages indiqués ;
- de préférence recommandé par votre vétérinaire.
Quand et combien de temps donner ces compléments ?
L’arthrose est une maladie chronique. La plupart des chiens arthrosiques ont intérêt à recevoir des compléments sur le long terme, parfois à vie, avec :
- des cures de 1 à 3 mois renouvelées régulièrement ; ou
- une prise continue, avec ajustements en fonction des saisons et des symptômes.
Beaucoup de propriétaires constatent une différence après 4 à 6 semaines : chien plus mobile, se lève plus facilement, repart mieux en balade. Mais chaque animal réagit différemment : c’est un travail sur la durée.
Soins vétérinaires : ce qu’on ne peut pas gérer seul à la maison
Certains signes doivent toujours vous faire consulter rapidement :
- boiterie soudaine et marquée ;
- chien qui refuse complètement de poser une patte ;
- douleur intense au toucher, cris, gémissements ;
- gonflement chaud et visible d’une articulation ;
- chien apathique, fièvre, perte d’appétit associée à la douleur.
Dans ces cas-là, l’arthrose n’est peut-être pas la seule cause : entorse, rupture de ligament, fracture, infection… L’automédication (même “naturelle”) est alors à proscrire.
Médicaments vétérinaires pour l’arthrose
Le vétérinaire dispose de plusieurs outils pour soulager la douleur :
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) spécifiques pour le chien : ce sont souvent les médicaments de première intention pour soulager la douleur arthrosique. Ils ne doivent jamais être remplacés par de l’ibuprofène, de l’aspirine ou autre médicament humain, qui peuvent être toxiques.
- Antalgiques complémentaires si la douleur est forte.
- Traitements de fond injectables (type polysulfates de glycosaminoglycanes) dans certains cas d’arthrose avancée.
- Infiltrations dans des articulations très atteintes, en conditions strictement vétérinaires.
Le rôle des remèdes naturels et compléments sera alors de venir en appui, pour limiter les pics douloureux et, parfois, permettre au vétérinaire de réduire les doses d’AINS à moyen terme, si l’état du chien le permet.
Thérapies physiques et alternatives encadrées
En plus des médicaments, de nombreuses approches peuvent améliorer la mobilité de votre chien :
- Physiothérapie / rééducation fonctionnelle : exercices encadrés, massages, mobilisations des articulations. Très utile après une chirurgie ou pour les chiens arthrosiques qui perdent du muscle.
- Hydrothérapie (tapis roulant aquatique, piscine adaptée) : permet de faire travailler les muscles en limitant l’impact sur les articulations. Particulièrement intéressant pour les chiens en surpoids.
- Ostéopathie animale : peut aider à redonner de la mobilité à certaines zones du corps, à condition de passer par un professionnel formé et reconnu.
- Laser thérapeutique, ondes de choc, electrostimulation : de plus en plus utilisés dans les cliniques vétérinaires spécialisées en rééducation.
Ce type de soins se discute avec votre vétérinaire, qui pourra vous orienter vers un confrère ou un centre spécialisé si besoin.
Adapter le quotidien d’un chien arthrosique
C’est souvent là que vous, en tant qu’adoptant, avez le plus de pouvoir. Quelques changements simples font une grande différence au jour le jour.
Gestion du poids : la “base de la base”
Un chien arthrosique en surpoids souffrira toujours plus. Chaque kilo en trop surcharge les articulations.
Si votre chien est un peu rond :
- parlez de rationnement et de croquettes adaptées avec votre vétérinaire ;
- pesez les portions plutôt que de “viser à l’œil” ;
- limitez les friandises ou remplacez-les par des légumes autorisés (courgette cuite, haricots verts, carotte en petite quantité) ;
- préférez plusieurs petites promenades courtes plutôt qu’une longue sortie épuisante.
Aménager la maison
- Panier orthopédique : un couchage épais, ferme mais confortable, qui isole bien du sol froid (mémoire de forme, matelas orthopédique pour chien…).
- Accès facilité : une rampe pour monter en voiture, un petit escalier pour accéder au canapé ou au lit (si vous l’y autorisez).
- Limiter les sols glissants : tapis antidérapants dans les couloirs, sur le carrelage. Les glissades aggravent l’arthrose et augmentent le risque de blessure.
- Coin calme et chaud : l’humidité et le froid accentuent la douleur. Évitez de placer le panier dans un courant d’air ou sur du carrelage nu.
Exemple très concret : un vieux Labrador arthrosique aura beaucoup plus de mal si son panier est posé directement sur du carrelage dans le couloir. Un simple matelas orthopédique avec un tapis isolant dessous, plus un tapis dans la zone de passage, peut changer son confort au quotidien.
Adapter l’exercice physique
Il ne s’agit surtout pas de laisser votre chien inactif. Un chien arthrosique a besoin de bouger régulièrement pour entretenir ses muscles, qui soutiennent les articulations.
- Privilégiez plusieurs petites balades dans la journée plutôt qu’une seule très longue.
- Évitez les jeux trop brusques : lancer de balle sur de longues distances, sauts répétés, courses violentes avec freinages brutaux.
- Pratiquez la marche en terrain souple (herbe, chemins) plutôt que le bitume.
- Observez votre chien : s’il ralentit, s’arrête ou halète beaucoup, il est temps de rentrer.
Massage et chaleur douce
Certains chiens apprécient particulièrement :
- les massages doux des muscles autour de la zone douloureuse (jamais directement sur une articulation enflammée sans avis vétérinaire) ;
- l’application de chaleur modérée (bouillotte tiède enveloppée dans une serviette, 10 à 15 minutes) sur les zones raides, si le chien le tolère bien.
Ce sont des gestes simples qui peuvent s’intégrer dans un rituel de fin de journée et renforcer aussi votre lien avec lui.
Arthrose du chien : que penser des “produits miracles” ?
Vous verrez sur internet beaucoup de publicités pour des poudres, huiles ou gélules “miraculeuses” censées faire disparaître l’arthrose en quelques jours. Soyons honnêtes : aucun produit ne régénère complètement une articulation usée.
Avant d’acheter :
- vérifiez la composition détaillée (dosages précis, ingrédients connus) ;
- fuyez les promesses du type “guéri en 7 jours” ;
- regardez si le produit a été conçu pour les chiens (et pas un simple complément humain rebadgé) ;
- demandez toujours l’avis de votre vétérinaire.
Un produit sérieux ne vous vendra pas des miracles, mais une aide complémentaire dans la durée.
Les bons réflexes à adopter dès maintenant
Pour finir, voici quelques actions concrètes que vous pouvez mettre en place rapidement pour un chien suspecté ou déjà diagnostiqué arthrosique :
- Prendre rendez-vous chez le vétérinaire si ce n’est pas déjà fait, pour confirmer le diagnostic et discuter d’un plan global (médicaments, compléments, rééducation).
- Évaluer le poids de votre chien et, si besoin, mettre en place un programme d’amaigrissement progressif.
- Améliorer son couchage : matelas plus épais, endroit au chaud, éviter les sols durs et froids.
- Réorganiser les promenades : plus fréquentes, plus courtes, terrain souple, rythme adapté à ses capacités.
- Parler des compléments articulaires avec votre vétérinaire (glucosamine, chondroïtine, oméga-3, moule verte…).
- Installer des tapis antidérapants dans les zones où il glisse.
- Observer et noter ses jours “avec” et “sans” douleur pour mieux ajuster les traitements avec le vétérinaire.
L’arthrose n’empêche pas un chien de garder une bonne qualité de vie pendant de longues années, à condition de combiner intelligemment soins vétérinaires, compléments et adaptations du quotidien. L’important est de ne pas rester seul face aux difficultés : votre vétérinaire, un éventuel physiothérapeute canin et des outils bien choisis seront vos meilleurs alliés pour offrir à votre compagnon un confort durable.