Un chat qui va sans arrêt à la litière, qui fait quelques gouttes d’urine, parfois avec du sang… La cystite est un problème fréquent, mais qui inquiète à juste titre les propriétaires. On pense souvent à “une simple infection urinaire”, alors qu’en réalité, chez le chat, c’est bien plus complexe.
Dans cet article, on va voir ensemble les traitements possibles (médicaments), le rôle de l’alimentation et surtout comment limiter au maximum les rechutes urinaires. Objectif : un chat qui urine normalement, sans douleur, et un humain un peu plus serein.
Cystite chez le chat : comment la reconnaître ?
La cystite correspond à une inflammation de la vessie. Elle peut être due à des cristaux, des calculs, une infection bactérienne, du stress, ou rester “idiopathique” (sans cause clairement identifiée).
Les signes les plus fréquents à surveiller :
- Le chat va très souvent à la litière, parfois toutes les 5–10 minutes.
- Il produit de très petites quantités d’urine, voire juste quelques gouttes.
- Il miaule ou semble douloureux en urinant.
- On observe parfois du sang dans l’urine (urine rouge ou rosée, ou traces sur la litière).
- Il se lèche beaucoup les parties génitales.
- Il peut uriner en dehors de la litière (tapis, canapé, lit…).
Ce ne sont pas forcément des “bêtises” ou de la malpropreté : souvent, le chat a simplement mal et associe la litière à la douleur.
Attention : chez le mâle en particulier, la cystite peut évoluer vers une obstruction urinaire (le chat n’arrive plus à uriner du tout). C’est une urgence vitale.
Quand la situation devient-elle une urgence vétérinaire ?
Il y a des signes qui ne doivent jamais attendre “voir demain” :
- Le chat va souvent à la litière mais n’émet plus une seule goutte d’urine.
- Il pousse, reste en position, mais rien ne sort.
- Il miaule fort, semble très douloureux, se cache, est abattu.
- Son abdomen est tendu, douloureux au toucher.
- Il vomit, refuse de manger, paraît désorienté.
Dans ce cas, on appelle immédiatement une clinique vétérinaire (service d’urgence si c’est la nuit ou le week-end). Une obstruction urinaire, surtout chez le mâle, peut être mortelle en moins de 24 heures.
En dehors de ces signes d’alerte, toute suspicion de cystite mérite malgré tout une consultation rapide. Même si le chat urine encore un peu, il souffre, et seul le vétérinaire peut déterminer la cause exacte et adapter le traitement.
Les principaux traitements médicamenteux
Le protocole de traitement dépend de la cause de la cystite. D’où l’importance des examens (analyse d’urine, parfois échographie, radiographie, culture bactérienne…). Voici les grandes lignes de ce que le vétérinaire peut proposer.
1. Antidouleurs et anti-inflammatoires
C’est quasiment systématique, car une cystite fait mal.
- Le vétérinaire peut prescrire des anti-inflammatoires spécifiques pour le chat.
- Ils permettent de réduire la douleur et l’inflammation de la vessie.
- Ils se donnent souvent sur quelques jours, sous forme de comprimés, gouttes ou injection.
Important : on ne donne jamais d’anti-douleurs humains à un chat (ibuprofène, aspirine, paracétamol, etc.). Ils peuvent être toxiques, voire mortels.
2. Antibiotiques (si infection avérée)
Contrairement à l’idée reçue, toutes les cystites du chat ne sont pas des infections bactériennes.
- Si l’analyse d’urine ou la culture montrent une infection, le vétérinaire choisira un antibiotique adapté.
- La durée du traitement doit être respectée jusqu’au bout, même si les symptômes disparaissent avant la fin.
- En l’absence de preuve d’infection, l’antibiotique n’est pas systématique (et c’est une bonne chose pour éviter les résistances).
3. Traitement en cas de cristaux ou calculs urinaires
Si l’analyse montre des cristaux (struvites, oxalates, etc.) :
- Le vétérinaire peut associer alimentation spécifique et médicaments.
- Pour les calculs de struvite, certains aliments thérapeutiques peuvent aider à les dissoudre.
- Pour d’autres types de calculs, une chirurgie peut être nécessaire.
Des médicaments supplémentaires peuvent être utilisés pour :
- détendre l’urètre (spasmolytiques) afin de faciliter le passage de l’urine et des cristaux,
- protéger la paroi de la vessie (compléments à base de glucosamine, chondroïtine, etc.).
4. Gestion de la cystite idiopathique (sans cause évidente)
C’est très fréquent chez le chat, en particulier les chats stressés, vivant en intérieur, en surpoids.
- Le traitement repose sur la gestion de la douleur + la modification de l’environnement (réduction du stress).
- Certains compléments alimentaires “calmants” peuvent être proposés (L-tryptophane, alpha-casozépine, etc.).
- Dans des cas chroniques ou sévères, un traitement plus long cours peut être mis en place, toujours sous contrôle vétérinaire.
Dans tous les cas, le traitement médicamenteux ne fait pas tout. L’alimentation joue un rôle énorme dans la prévention des rechutes urinaires.
Alimentation du chat et cystite : un levier majeur
L’urine d’un chat dépend en grande partie de ce qu’il mange et de ce qu’il boit. Adapter l’alimentation permet de :
- diluer l’urine (plus d’eau = moins concentrée, moins irritante),
- influencer le pH urinaire (acide / basique),
- limiter la formation de certains cristaux.
Croquettes thérapeutiques urinaires
En cas de cystites à répétition, le vétérinaire peut recommander une gamme “urinary” spécifique :
- Ces croquettes sont formulées pour diminuer les risques de cristaux et calculs.
- Elles contrôlent le pH urinaire et certains minéraux (magnésium, phosphore, calcium).
- Elles existent chez plusieurs marques vétérinaires (Hill’s, Royal Canin, Virbac, etc.).
Attention : on ne choisit pas n’importe quelle “croquette urine” en animalerie sans avis vétérinaire. Certaines formules conviennent à la struvite mais pas à d’autres types de calculs. Il faut que l’aliment soit adapté au diagnostic de votre chat.
Pâtée et alimentation humide : un atout hydratation
Un chat qui boit peu mais mange de la nourriture humide reçoit déjà une bonne partie de son eau via ses repas. Pour les cystites, c’est un gros plus.
- Les pâtées contiennent souvent plus de 70 % d’eau.
- Elles aident à “rincer” les voies urinaires en augmentant le volume urinaire.
- Certaines gammes humides sont aussi “urinary” et formulées pour les chats à risque.
Concrètement, plusieurs options :
- Passer à 100 % pâtée (adaptée, sous contrôle vétérinaire).
- Ou garder des croquettes urinary, mais ajouter 1 à 2 repas humides par jour.
- Humidifier légèrement les croquettes avec un peu d’eau tiède pour certains chats.
Éviter les changements brusques
Les chats n’aiment pas toujours les changements alimentaires soudains. On garde en tête :
- On introduit le nouvel aliment progressivement sur 7 à 10 jours (mélange ancien/nouveau).
- On observe les selles, l’appétit et le comportement.
- En cas de diarrhée importante ou de refus complet, on recontacte le vétérinaire.
Enfin, si votre chat souffre aussi de surpoids ou de diabète, le vétérinaire tiendra compte de tout ça pour choisir une alimentation qui couvre l’ensemble de ses besoins.
Hydratation, litière et habitudes : les petits détails qui changent tout
Un chat qui boit peu, qui retient son urine ou qui se retient parce que sa litière ne lui plaît pas est plus à risque de cystite et de problèmes urinaires.
Encourager le chat à boire plus
- Multiplier les bols d’eau fraîche dans la maison (surtout loin de la litière et de la gamelle de croquettes).
- Essayer une fontaine à eau : beaucoup de chats adorent l’eau qui coule.
- Proposer parfois de l’eau légèrement tiède ou de l’eau aromatisée (par exemple avec un peu du jus d’une boîte de thon au naturel rincé, sans sel).
- Utiliser des bols larges et peu profonds (certains chats n’aiment pas que leurs moustaches touchent les bords).
Une litière adaptée et propre
Un chat qui n’aime pas sa litière peut se retenir, ou uriner ailleurs. Ce n’est pas anodin pour sa vessie.
- Nombre de bacs recommandé : au moins autant que de chats, plus un (ex : 2 chats = 3 bacs).
- Litière nettoyée très régulièrement (enlever les urines et selles chaque jour, changer complètement souvent).
- Éviter les bacs couverts trop étroits si le chat s’y sent coincé.
- Tester différents types de litières (agglomérante, silice, végétale…) pour trouver celle qu’il préfère.
- Placer les bacs dans des endroits calmes, loin de la machine à laver ou du passage constant.
Un chat qui se sent en sécurité pour uriner est déjà un chat qui met moins sa vessie à rude épreuve.
Stress, environnement et cystite : un lien souvent sous-estimé
Chez beaucoup de chats, notamment pour la cystite idiopathique, le stress est un facteur majeur. Un déménagement, l’arrivée d’un nouveau chat, un bébé, des travaux, un changement d’horaires… tout cela peut déclencher ou entretenir des cystites.
Repérer les sources de stress
- Conflits entre chats à la maison (poursuites, bagarres, intimidation silencieuse).
- Ennui d’un chat vivant en intérieur sans stimulation.
- Changements récents dans la routine (nouveau travail, absences plus longues).
- Bruit, manque de cachettes, peu de lieux en hauteur.
Aménager un environnement “cat-friendly”
- Proposer des cachettes (tunnels, cartons, cabanes).
- Installer des zones en hauteur (arbres à chat, étagères sécurisées) pour permettre au chat de “surveiller” sans être dérangé.
- Mettre à disposition des griffoirs à plusieurs endroits.
- Jouer chaque jour avec lui (canne à plume, laser, petites souris…) pour le défouler.
- Garder des routines stables : heures des repas, moments de jeu, coucher.
Compléments apaisants et phéromones
- Les diffuseurs ou sprays de phéromones apaisantes (type Feliway) peuvent aider certains chats.
- Des compléments alimentaires calmants existent en comprimés, gélules, friandises ou poudre à mettre dans la nourriture.
- Dans les cas de stress important, le vétérinaire peut proposer un traitement plus spécifique, toujours sous surveillance médicale.
Prévenir les rechutes : plan d’action au quotidien
Les cystites félines ont malheureusement tendance à revenir, surtout si on ne corrige pas les facteurs de risque. L’idée est de mettre toutes les chances de votre côté avec quelques habitudes simples.
Sur le plan médical
- Respecter scrupuleusement les traitements prescrits (durée, doses, horaires).
- Faire les contrôles recommandés : nouvelle analyse d’urine, échographie, bilan annuel si besoin.
- Ne jamais arrêter un médicament sans en parler au vétérinaire, même si le chat semble “aller mieux”.
Sur le plan alimentaire
- Suivre le type d’alimentation conseillé (urinary ou autre formule adaptée au cas de votre chat).
- Limiter les extras qui “cassent” l’équilibre de la ration (friandises salées, restes de table).
- Favoriser l’humide : pâtée adaptée, ou ajout d’eau à la nourriture, si votre vétérinaire est d’accord.
- Surveiller le poids du chat : le surpoids est un facteur de risque de problèmes urinaires et de cystite idiopathique.
Sur le plan environnemental
- Vérifier régulièrement l’état des litières : propres, accessibles, en nombre suffisant.
- Observer le comportement urinaire du chat : fréquence, quantité, éventuelles traces de sang.
- Préserver des routines stables autant que possible, surtout pour les chats sensibles.
- Prévoir des temps de jeu chaque jour, même 5 à 10 minutes, pour canaliser le stress et l’ennui.
Ce qui doit alerter à nouveau
- Reprise de mictions fréquentes et douloureuses.
- Urines teintées de sang.
- Urinations hors litière alors que ce n’est pas dans ses habitudes.
- Changements de comportement : chat qui se cache, devient irritable, mange moins.
Au moindre doute, on contacte son vétérinaire. Plus la prise en charge est rapide, plus on réduit le risque de complication et de douleur pour le chat.
À retenir pour aider un chat atteint de cystite
Pour résumer, la cystite du chat n’est pas qu’une “petite infection” qui passera toute seule avec un peu d’eau en plus. C’est une vraie maladie à prendre au sérieux, surtout chez le mâle.
- Toujours consulter en cas de signes urinaires anormaux (fréquence, douleur, sang, pipis hors litière).
- Urgence vétérinaire si le chat n’arrive plus à uriner du tout, même en essayant.
- Le traitement médicamenteux (antidouleurs, éventuellement antibiotiques, traitements spécifiques) est adapté par le vétérinaire à la cause exacte.
- L’alimentation est un levier essentiel : nourriture urinary si besoin, plus d’humide, adaptation progressive.
- L’hydratation, la qualité de la litière et un environnement peu stressant aident à limiter les rechutes.
- Les habitudes quotidiennes (jeu, routine, surveillance discrète de la litière) font une vraie différence sur le long terme.
En travaillant main dans la main avec votre vétérinaire et en ajustant quelques éléments du quotidien, vous pouvez nettement diminuer la fréquence et la gravité des cystites de votre chat. Et lui offrir ce qu’il préfère par-dessus tout : une vie tranquille, sans douleur, à dormir au soleil… et à utiliser sa litière sans appréhension.
